mardi 24 février 2009

Pendant la trêve, discutons de l’avenir

Deux brèves rencontres peuvent tout changer, déjà on a enrayé la dynamique de la surenchère mais restons vigilants car rien n’est gagné.

Néanmoins les extrémistes des 2 bords, ceux qui n’entendent rien et qui veulent garder un ‘statut-quo’ comme ceux qui veulent débouter le Président élu sans passer par les urnes, doivent se faire une raison (et nous en avons beaucoup besoin en ce moment).

La seule solution viable est une cogestion des affaires publiques avec un gouvernement de ....(qu’importe son nom), doté d’une feuille de route définie par toutes les parties dans les jours à venir (une sacrée foire d’empoigne en perspective) mais dans le cadre du respect des institutions en cours et surtout des échéances électorales de 2012.

Bien sûr, on peut envisager de modifier certains textes de lois, voire la Constitution, mais tout ceci doit être fait dans le respect des procédures: instructions aux 2 chambres, débats, votes et consultation populaire pour un éventuel changement de la Constitution.

Trois ans pour instruire tout cela n’est pas de trop, sachant qu’en même temps il faut surtout s’occuper des vraies mesures pour soulager la vie de la population et relancer très vite les activités économiques.

Mais n’oublions pas pas que nous ne sommes pas en pleine de crise s’il n’y avait pas eu des dysfonctionnements, des abus au niveau de la gestion de l'état.

Ainsi, j’aimerais apporter quelques suggestions, non-exhaustives, (d’aucuns disent mes “il n’y a qu’à faut qu’on...”) afin que de telles pratiques ne perdurent même après avoir changé les responsables.

Mesures immédiates
  • Suspension de la loi sur le bail emphytéotique des terres et gel de tous projets en cours jusqu'à la promulgation d’une nouvelle loi (y compris celui de Daewoo Logistics, s’il existe réellement)
  • Lancement d’une vraie consultation nationale et populaire sur l'utilité économique ou non des ventes-locations de terres
  • Instruction d’une nouvelle loi de vente-location, si nécessaire, avec la mise en place d’une Autorité de Contrôle Multi-partis (incluant des représentants de la majorité, de l’opposition et de la société civile) pour le respect des procédures administratives d’octroi et surtout des exécutions des contre-parties financières et des investissements par les entreprises bénéficiaires
  • Vente ou mise en location du nouvel avion présidentiel

Mesures à moyen terme sur les conditions d’exercice des charges publiques
>> Allez, rêvons un peu!.

Tout est possible car nos chers politiciens prétendants à des postes ministériels sont tellement dévoués et seulement intéressés par le bien de la Nation.

D’ailleurs en regardant la liste de ceux qui sont en place et ceux qui se font les coudes pour apporter leur ‘savoir-faire’, on constate bien que ce sont des professionnels expérimentés, tous très compétents dans leurs domaines respectifs et mieux, ayant un haut degré d'intégrité.
Il y en a même qui ont des avantages concurrentiels indiscutables: les “fils, neveux, femmes et frères de” nos célèbres dirigeants qui ont tant fait prospérer Madagascar depuis l'indépendance.

Mais comme il faut quand même un minimum de règles écrites, listons les au hasard:

Toutes les personnes qui auront des charges publiques (Président, Premier Ministre, Députés, Sénateurs, Elus territoriaux, Ministres et Conseillers ministériels) doivent:
  • déclarer leurs participations (ainsi que ceux des membres de leurs foyers familiaux) directes et indirectes dans des entreprises opérant à Madagascar et ceci au début et tout au long de leur mandats,
  • se dégager de toutes responsabilités opérationnelles dans des entreprises privées durant leurs mandats publics,
  • s’engager à ne pas travailler et/ou investir dans des sociétés privées qu’ils ont contrôlées ou ont eu sous-tutelle quand ils étaient en charge des affaires publiques dans les 3 ans après leurs départs de l’Administration,
En dernier lieu, toutes les entreprises privées ayant des Responsables publiques comme actionnaires ne pourront pas être fournisseurs de l’Etat et des Collectivités tant que ces responsables sont encore en fonction.

Bien entendu, on peut en rajouter par des plus précises (interdiction des trusts, extension des obligations aux membres des familles élargies, loi sur l'audiovisuel,...) mais je pense que nous avons assez de très bons juristes et techniciens de la finance pour structurer tout ceci si la volonté politique y est.

Je sais, là je rêve mais ‘Why not?’

Et vous, qu'en pensez vous?